Le Code Noir et l'économie sucrière
Promulgué en 1685 par Louis XIV, le Code Noir réglementait la vie des esclaves dans les colonies françaises. La Martinique, colonisée par la France dès 1635, devint une île sucrière majeure où des dizaines de milliers d'Africains furent déportés pour travailler dans les habitations. Le système esclavagiste a façonné la société martiniquaise pendant plus de deux siècles.
L'abolition du 22 mai 1848
Si le décret d'abolition signé par Victor Schœlcher date du 27 avril 1848, c'est le 22 mai que l'esclavage a effectivement pris fin en Martinique. Ce jour-là, une insurrection d'esclaves dans le sud de l'île a contraint le gouverneur Rostoland à proclamer l'abolition immédiate, un mois avant la date prévue par le décret. Le 22 mai est aujourd'hui un jour férié en Martinique.
Victor Schœlcher
Député alsacien et sous-secrétaire d'État aux colonies, Victor Schœlcher est la figure politique de l'abolition. Son action a été déterminante, mais la mémoire collective martiniquaise rappelle aussi le rôle des esclaves eux-mêmes dans leur libération. La bibliothèque Schœlcher à Fort-de-France, bâtiment remarquable en fer importé de métropole, porte son nom.
Le Mémorial Cap 110
Inauguré en 1998 à l'Anse Cafard (commune du Diamant), le Mémorial Cap 110 est l'oeuvre du sculpteur Laurent Valère. Quinze statues de pierre blanche, hautes de 2,50 mètres, font face à la mer en direction de l'Afrique (cap 110°). Le site commémore le naufrage d'un navire négrier au large du Diamant en 1830. C'est l'un des lieux de mémoire les plus poignants des Antilles.
Lieux de mémoire à visiter
- Mémorial Cap 110, Anse Cafard, Le Diamant
- La Savane des Esclaves, Trois-Îlets - reconstitution d'un village d'esclaves
- Habitation Clément, Le François - maison de maître et quartier des esclaves
- Bibliothèque Schœlcher, Fort-de-France
- Habitation La Pagerie, Trois-Îlets - lieu de naissance de Joséphine de Beauharnais
Un devoir de mémoire
L'esclavage et ses conséquences restent un sujet sensible en Martinique. Abordez ce thème avec respect et ouverture. Les lieux de mémoire sont des espaces de recueillement autant que de visite culturelle.