Le piment antillais, c'est le bondamanjak : un petit piment en forme de lampion, jaune, rouge ou vert, très fort et très parfumé. On le pose entier dans le court-bouillon, on le hache dans la sauce chien, et on apprend vite à s'en méfier. Voici les variétés qu'on trouve en Martinique, leur force réelle et les règles à connaître avant d'en glisser dans sa valise.
Goûter le piment antillais en Martinique : marché et food tour
Le bondamanjak est partout : sur la table des lolos, dans les accras, le boudin et le court-bouillon. Pour le découvrir avec quelqu'un qui explique ce que vous mangez, deux sorties gourmandes partent de Fort-de-France : une visite de la capitale avec expérience créole, et un food tour vers Saint-Pierreavec dégustations et baignade en cascade. Ce sont des offres récentes, avec encore peu d'avis : vérifiez ce qui est inclus avant de réserver.

Départ : Fort-de-France
Fort-de-France et saveurs créoles
Les incontournables de Fort-de-France en 3 à 4 h, avec une expérience autour des saveurs créoles.
Durée : 3 à 4 h
Annulation gratuite
dès 226 €par personne
Voir les disponibilités
Départ : Fort-de-France
Tour gourmand jusqu'à Saint-Pierre et une cascade
Une excursion qui associe dégustations locales, visite de Saint-Pierre et baignade dans une cascade.
5,0 (2 avis)Durée : 5 h
Annulation gratuite
dès 107 €par personne
Voir les disponibilités
Prix de départ, notes et avis GetYourGuide relevés le 20 octobre 2026. Liens partenaires : une commission peut nous être reversée sur les réservations, sans surcoût pour vous.
Les plats où le piment joue un rôle sont détaillés dans notre guide de la cuisine antillaise en Martinique. D'autres dégustations sont proposées sur GetYourGuide.
Variétés de piment antillais : bondamanjak, végétarien, oiseau et lampion
Sur les étals martiniquais, on croise surtout trois piments. Le quatrième nom qu'on entend, piment lampion, désigne en fait le bondamanjak.
| Piment | Espèce | Force | Aspect | Usages |
|---|---|---|---|---|
| Bondamanjak (piment lampion) | Capsicum chinense | Très fort, ~100 000 à 350 000 SHU | Lampion fripé de 3 à 4 cm, vert, jaune, orange, rouge ou violet | Entier dans les mijotés, haché dans la sauce chien, accras, boudin |
| Piment végétarien | Capsicum chinense | Quasi nul | Plus allongé ou plus rond, vert à rouge | Cru en salade, en fin de cuisson, en confit ou en sorbet |
| Piment oiseau | Capsicum frutescens | Fort, estimations très variables selon les sources | Petit, fin et pointu, rouge vif | Haché, séché, en huile ou en vinaigre pimenté |
Le bondamanjak ou piment lampion, le piment fort des Antilles

Le bondamanjak est un Capsicum chinense, la même espèce que le habanero mexicain ou le scotch bonnet jamaïcain. Il se reconnaît à sa forme de petit lampion bosselé, d'environ 3 cm, et à son odeur fruitée, qu'on rapproche des fruits tropicaux. Il pousse toute l'année en Martinique et change de couleur en mûrissant : vert, puis jaune, orange ou rouge. Une forme brun foncé, couleur lie-de-vin, est connue sous le nom de « sept-court-bouillon ». La couleur ne dit rien de sa force : un vert peut piquer autant qu'un rouge.
Le piment végétarien, tout le parfum sans la brûlure

Le piment végétarienest une variété douce de la même espèce. Il a l'arôme du bondamanjak sans presque aucun piquant, ce qui en fait l'ingrédient discret de beaucoup de plats créoles. On l'émince cru dans une salade ou un poisson cru, on l'ajoute en lamelles en fin de cuisson, et on en fait des confits, des gelées et même des sorbets. Attention à la confusion à l'étal : les deux se ressemblent beaucoup. Demandez au vendeur, il vous le dira.
Le piment oiseau, petit, rouge et d'une autre espèce

Le piment oiseau n'est pas un bondamanjak en miniature : c'est un Capsicum frutescens, une autre espèce, qu'on appelle aussi pili-pili ailleurs. Il est fin, pointu, rouge vif, et pique fort, mais son goût est plus sec et moins fruité. Les chiffres de Scoville qui circulent pour lui varient beaucoup d'une source à l'autre : retenez qu'il est fort, et en général moins que le bondamanjak. Il se prête bien au séchage et aux huiles pimentées.
Le piment antillais est-il fort ? Le bondamanjak sur l'échelle de Scoville
L'échelle de Scoville mesure la teneur en capsaïcine, la molécule qui brûle, en unités Scoville (SHU). Le bondamanjak partage la fourchette du habanero : de l'ordre de 100 000 à 350 000 SHU, et plus de 500 000 SHU pour certaines plantes. Il n'existe pas de mesure officielle propre au bondamanjak martiniquais : la force varie selon la plante, le sol et la maturité.
| Piment | Ordre de grandeur (SHU) |
|---|---|
| Poivron, piment végétarien | 0 à quelques centaines |
| Piment d'Espelette | ~4 000 |
| Jalapeño | ~2 500 à 8 000 |
| Bondamanjak, habanero | ~100 000 à 350 000 (jusqu'à 500 000+) |
Concrètement, un bondamanjak pique 25 à 90 fois plus qu'un piment d'Espelette. La capsaïcine se concentre dans les graines et surtout dans les nervures blanches à l'intérieur : les retirer adoucit nettement le piment. Les « 10/10 » qu'on lit sur certains sites sont des notes de force, pas des valeurs Scoville.
Bonda man jak : origine et signification du nom du piment
En créole, bonda veut dire « fesses », man « madame » et jak « Jacques ». Le bonda man jak, c'est donc le piment « fesses de Madame Jacques », par allusion à sa forme ronde et rebondie. C'est l'explication que tout le monde donne aux Antilles. Elle tient de la tradition orale, pas d'une source écrite. On l'écrit bondamanjak, bonda man jak ou bonda man Jacques. Le nom savant, Capsicum chinense, vient d'une erreur du botaniste Jacquin, qui croyait la plante originaire de Chine. Elle vient d'Amérique tropicale.
Comment utiliser le piment antillais en cuisine
Entier dans le court-bouillon, le colombo et le blaff
C'est l'usage le plus courant et le plus sûr. On dépose un bondamanjak entier, non percé, dans le plat qui mijote (court-bouillon de poisson, colombo, blaff, soupe), puis on le goûte et on le retire quand le plat est assez relevé. Il donne son parfum sans tout embraser. S'il éclate pendant la cuisson, le plat devient immangeable pour beaucoup de gens : remuez doucement.
Haché dans les accras, le boudin et les sauces
Haché très fin, il entre dans les accras, le boudin créole, les farces de crabe et la sauce chien. Une pointe suffit pour une poêlée entière. À table, on le sert parfois entier sur une soucoupe : chacun y tamponne sa bouchée du bout de la fourchette.
Couper un bondamanjak sans se brûler
- Portez des gants, ou huilez-vous les doigts.
- Retirez le pédoncule, puis les graines et les nervures blanches à la pointe du couteau.
- Lavez la planche et le couteau longuement après usage.
- Ne vous touchez ni les yeux ni le visage avant de vous être lavé les mains au savon.
Conserver le piment antillais
Frais, il se garde une à deux semaines au réfrigérateur, sans taches brunes ni peau flétrie à l'achat. Il se congèle très bien entier : on le sort au moment de cuisiner, sans le décongeler. Côté nutrition, il apporte des vitamines A, C et E et du potassium, mais on en mange trop peu pour que ça compte vraiment.
Recette de la sauce chien antillaise au bondamanjak

La sauce chienaccompagne le poisson grillé, la langouste, le lambi, le chatrou et les grillades. Son nom viendrait des couteaux de marque « Chien » qu'on utilisait pour hacher finement les herbes. C'est l'explication la plus répandue, sans certitude. Les proportions ci-dessous sont indicatives : chaque famille a la sienne, et le piment se dose au goût.
Ingrédients pour un bol (4 personnes)
- 1 oignon moyen (ou 2 échalotes)
- 2 gousses d'ail
- 3 ou 4 brins de cive (ciboule)
- Quelques brins de persil plat
- Un quart à un demi bondamanjak, sans graines ni nervures
- Le jus de 2 citrons verts
- 4 cuillères à soupe d'huile neutre
- 10 cl d'eau bouillante, sel, poivre
Préparation de la sauce chien en 4 étapes
- Hachez très finement l'oignon, l'ail, la cive, le persil et le piment, au couteau plutôt qu'au mixeur.
- Mettez le tout dans un bol avec le sel, le poivre, le jus de citron et l'huile.
- Versez l'eau bouillante dessus : elle attendrit les herbes et adoucit l'oignon.
- Laissez infuser une trentaine de minutes, goûtez, ajustez le citron et le piment.
Variantes courantes : un trait de vinaigre, une tomate en petits dés, du thym. Préparée avec des herbes fraîches, elle se garde au frais et se consomme dans les jours qui suivent.
Sauce piment antillaise maison : piments confits et purée
Piments confits au vinaigre
C'est le bocal qu'on trouve dans beaucoup de cuisines martiniquaises. Pour 250 g de piments (bondamanjak, ou un mélange avec du végétarien) : 2 carottes en bâtonnets, 1 oignon, 2 cives, quelques grains de bois d'Inde, du poivre et du sel. Rangez le tout dans un bocal propre, couvrez de vinaigre de vin blanc, puis ajoutez 2 à 3 cm d'huile par-dessus. Laissez mariner quelques jours avant d'y goûter : le vinaigre devient lui-même une sauce piquante à verser goutte à goutte.
Purée de piment
Mixez des bondamanjaks épépinés avec un peu d'ail, de sel, de vinaigre et d'huile jusqu'à obtenir une pâte. Une demi-cuillère à café suffit à relever un plat. Gardez-la au réfrigérateur dans un pot fermé.
Où acheter du piment antillais en Martinique et à quel prix en 2026

Le plus simple est le Grand Marché couvert de Fort-de-France et les marchés communaux, où les piments se vendent au tas ou au sachet à côté des épices et des rhums arrangés. Les étals de bord de route et les supermarchés en ont aussi, tout comme des sauces piment locales en bouteille.
Côté prix, il n'existe pas de relevé public pour la Martinique. Le repère le plus proche vient de la Guadeloupe voisine : en 2026, la DAAF y relève le piment fort entre 5 et 10 € le kiloselon les semaines et les points de vente (7,70 € en moyenne en mai 2026). Un piment ne pèse que quelques grammes : le budget piment d'un séjour est négligeable. Pour les autres postes, voir notre budget voyage en Martinique.
Ramener des piments de Martinique en métropole : ce qui est autorisé
La Martinique est une région ultrapériphérique : le règlement européen de santé des végétaux (UE 2016/2031) ne s'y applique pas comme en métropole, et les végétaux qui en partent vers la France hexagonale sont contrôlés comme s'ils venaient de l'extérieur de l'Union. Pour le piment, la règle s'est durcie.
Piments et poivrons frais : interdits aux particuliers
Depuis le dispositif annoncé par la préfecture en juin 2023, les particuliers n'ont plus le droit de transporter des piments et poivrons frais au départ de la Martinique, ni en bagage, ni en colis. La raison : la chenille légionnaire d'automne (Spodoptera frugiperda), présente aux Antilles et absente d'Europe, qui s'attaque à ces plantes. Seuls des producteurs inscrits auprès de la DAAF, contrôlés et traités, peuvent exporter. Les piments trouvés aux contrôles sont saisis et l'infraction peut être poursuivie.
Sauces, piments confits, séchés ou congelés : autorisés
Les produits transformés restent exportables : sauce piment en bouteille, purée, piments confits, séchés ou congelés. En cabine, les liquides restent soumis à la limite de 100 ml par contenant : mettez les bocaux et bouteilles en soute, bien emballés.
Graines de piment bondamanjak : demandez à la DAAF
Pour les graines, aucun texte officiel accessible ne tranche clairement le cas des particuliers, et les informations qui circulent se contredisent. Avant votre départ, posez la question au poste de contrôle de la DAAF à l'aéroport : 0596 71 20 40, [email protected]. L'option sans risque : acheter des graines de « piment antillais » ou de habanero chez un grainetier en France, il y en a beaucoup.
Cultiver du piment bondamanjak en métropole à partir de graines

Le bondamanjak pousse en métropole, à condition de lui donner de la chaleur. Faites tremper les graines 12 à 24 heures, puis semez-les en février ou mars, à 5 ou 6 mm de profondeur, à l'intérieur et au chaud (25 à 30 °C). La germination prend souvent deux à trois semaines, parfois plus. Repiquez les plants et sortez-les en mai, une fois les nuits douces, dans un pot d'au moins 10 litres ou en pleine terre espacés de 50 cm. Les premiers piments arrivent en fin d'été. En climat frais, une serre ou une véranda donne de meilleurs résultats.
Que faire après un piment trop fort ? Calmer la brûlure du bondamanjak
Dans la bouche : du gras, pas de l'eau
La capsaïcine ne se dissout pas dans l'eau mais dans les graisses : boire de l'eau étale la brûlure sans l'éteindre. Prenez plutôt du lait froid, un yaourt, une glace ou un morceau de fromage, et mangez un féculent (pain, riz) pour absorber. Garder une gorgée de lait en bouche avant de la recracher aide aussi. Aux Antilles, on conseille souvent de croquer une banane ou un peu de sucre : ça peut distraire, sans effet démontré. La brûlure passe d'elle-même, en général en un quart d'heure.
Sur les doigts et dans les yeux
Lavez les mains avec de l'huile puis du savon, plusieurs fois. Dans l'œil, rincez abondamment à l'eau claire et consultez si la douleur persiste. Après un repas très pimenté, des douleurs au ventre, des palpitations ou une sensation de malaise justifient un avis médical : l'ANSES met en garde contre les « défis piment ».
Questions fréquentes sur le piment antillais
Comment s'appelle le piment antillais ?
Aux Antilles françaises, le piment fort s'appelle bondamanjak (on écrit aussi bonda man jak ou bonda man Jacques). On l'appelle aussi piment lampion pour sa forme. C'est un Capsicum chinense, la même espèce que le habanero.
Est-ce que le piment antillais est fort ?
Oui, le bondamanjak fait partie des piments les plus forts qu'on cuisine couramment : de l'ordre de 100 000 à 350 000 unités Scoville, parfois plus selon la plante. C'est 25 à 90 fois plus fort qu'un piment d'Espelette. Le piment végétarien, lui, ne pique presque pas.
Quel est le classement du piment antillais sur l'échelle de Scoville ?
Le bondamanjak se situe dans la fourchette du habanero, entre 100 000 et 350 000 SHU en général, et jusqu'à plus de 500 000 SHU pour certaines plantes. Il n'existe pas de mesure officielle propre au bondamanjak martiniquais. Une note « 10/10 » vue sur certains sites est une note de force, pas une valeur Scoville.
Comment utiliser le piment antillais ?
Le plus simple : le mettre entier dans un court-bouillon, un colombo ou un blaff, sans le percer, et le retirer quand le plat est assez relevé. Haché, il entre dans la sauce chien, les accras et le boudin. Manipulez-le avec des gants et retirez graines et nervures blanches pour adoucir.
Peut-on ramener du piment de Martinique dans sa valise ?
Pas frais. Depuis 2023, les particuliers n'ont plus le droit de transporter des piments et poivrons frais au départ de la Martinique, en bagage comme en colis, à cause d'une chenille ravageuse absente d'Europe. Les sauces, piments confits, séchés ou en purée restent autorisés selon la DAAF.
Peut-on ramener des graines de piment bondamanjak en métropole ?
Aucun texte officiel ne tranche clairement pour les particuliers. Avant de partir, posez la question au poste de contrôle de la DAAF à l'aéroport (0596 71 20 40). L'option sans risque : acheter des graines de piment antillais chez un grainetier en France.
Le piment végétarien est-il piquant ?
Presque pas. C'est une variété douce de la même espèce que le bondamanjak : il a son parfum fruité sans la brûlure. On l'émince cru dans les salades ou on l'ajoute en fin de cuisson dans les plats créoles.