Le mancenillierest l'arbre à connaître avant votre première plage en Martinique : son latex brûle la peau, l'eau de pluie qui coule de ses feuilles aussi, et son fruit ressemble à une petite pomme. Voici comment le repérer, quoi faire après un contact, et les bons gestes face aux autres dangers naturels de l'île, du poil à gratter au trigonocéphale.
Le mancenillier, l'arbre le plus dangereux des plages de Martinique

Le mancenillier (Hippomane mancinella) est un arbre de la famille des euphorbes, originaire des régions chaudes et sèches d'Amérique tropicale, de la Floride au nord du Venezuela. Il est courant en Martinique et en Guadeloupe, toujours sur le littoral sableux : vous en croiserez presque à coup sûr en arrière des plages. Ses racines tiennent le sable et freinent l'érosion, c'est pourquoi on ne l'arrache pas.
Le danger vient de son latex blanchâtre, présent dans toutes les parties de l'arbre : feuilles, fruit, écorce, bois. Il contient des esters de diterpènes (de type tigliane et daphnane) qui déclenchent une réaction inflammatoire intense au contact de la peau et des muqueuses. Les premiers signes arrivent en quelques minutes : brûlure, démangeaison, rougeur, puis cloques. Selon un article de médecine d'urgence de 2026, les lésions de la peau peuvent durer plusieurs semaines. Un cas publié en 2024 a mis six semaines à guérir complètement.
Les Espagnols l'appelaient « petite pomme de la mort » (manzanilla de la muerte), et le père Labat raconte dans son Voyage aux Isles que les Kalinagos trempaient leurs flèches dans son latex, une affirmation que certains botanistes contestent. Le bois lui-même reste toxique : brûler des branches de mancenillier dégage une fumée qui irrite les yeux et les poumons. Pas de mancenillier dans le feu de camp ni dans le barbecue de plage.
Comment reconnaître un mancenillier : feuilles, fruit et marquage rouge

- Port: un arbre de 5 à 10 mètres, parfois beaucoup plus haut à l'abri du vent, avec une silhouette de poirier et une écorce gris clair assez lisse.
- Feuilles : ovales, vert vif, très brillantes, de 3 à 20 cm, portées par un long pétiole qui présente une petite glande rouge à la base de la feuille.
- Fruit (la mancenille): une boule verte à jaunâtre de 3 cm environ, qui ressemble à une petite pomme ou à une prune et dégage une odeur agréable de pomme. C'est ce qui piège les enfants.
- Lieu : en bordure de plage, sur le sable ou juste derrière, souvent au milieu des raisiniers bord de mer et des cocotiers.

Le marquage rouge: sur les plages fréquentées et les sentiers balisés, beaucoup de mancenilliers portent un trait de peinture rouge autour du tronc, parfois une croix ou un panneau. Ce marquage n'est pas systématique, et aucune règle publique ne garantit que tous les arbres soient signalés. Un arbre sans peinture, dans une anse isolée, est tout aussi toxique. Dans le doute, posez votre serviette ailleurs.
Ne le confondez pas avec le catalpa ou le raisinier bord de mer, inoffensifs. Le raisinier a de grandes feuilles rondes et épaisses et des grappes de petits fruits. Le mancenillier a des feuilles plus petites, ovales et luisantes, et des fruits isolés en forme de pomme.
Mancenillier sous la pluie : pourquoi ne jamais s'abriter dessous
Le réflexe d'une averse tropicale, c'est de courir sous l'arbre le plus proche. Sous un mancenillier, c'est l'erreur à ne pas faire : l'eau qui ruisselle des feuilles et des branches se charge du latex et provoque des cloques sur la peau. Si elle coule dans les yeux, elle peut causer une kératoconjonctivite, une inflammation douloureuse de la cornée décrite dans la littérature ophtalmologique. Des conjonctivites ont même été signalées chez des personnes simplement assises sous l'arbre, par temps sec.
En pratique : ni abri, ni sieste, ni serviette, ni voiture garée sous un mancenillier. Les fruits tombés au sol et les feuilles mortes sont aussi toxiques que ceux de l'arbre : on ne les ramasse pas.
Le fruit du mancenillier : que se passe-t-il si on le mange ?
La mancenille a un goût très âcre : la plupart des gens la recrachent aussitôt. Avalée, elle provoque des douleurs et une irritation de la bouche et de la gorge, puis des douleurs abdominales et de la diarrhée.
Les récits anciens parlent de langue couverte de cloques, de gorge si gonflée qu'il faut opérer et de morts. La réalité observée aujourd'hui est plus nuancée. Une étude des centres antipoison français publiée en 2019 dans la revue Toxicon a analysé 97 cas d'ingestionentre 2009 et 2017 : la plupart s'en tiraient avec des douleurs et une irritation digestive qui demandaient tout de même une prise en charge médicale. Les formes graves (lésions sévères de la gorge, œdème du larynx, ralentissement du cœur) restaient rares et concernaient surtout plusieurs fruits avalés. Un fruit de mancenillier avalé, c'est donc toujours un appel au 15, pas une raison de paniquer.
Que faire en cas de contact avec le mancenillier ?
Sur la peau : laver tout de suite à l'eau et au savon
- Lavez immédiatement et abondammentla zone touchée à l'eau et au savon. Sur la plage, sans eau douce, rincez à l'eau de mer en attendant mieux.
- Ne vous frottez pas les yeux et ne touchez pas votre visage ou vos parties intimes avant de vous être lavé les mains : la peau épaisse des paumes réagit tard, et le latex se transporte.
- Retirez et lavez les vêtements, la serviette et le maillot qui ont touché l'arbre ou l'eau qui en coule.
- Consultez un médecin ou un pharmacien si des cloques apparaissent, si la brûlure est étendue ou si elle touche le visage.
Certains sites de voyage répètent qu'il ne faut surtout pas mettre d'eau, « comme pour une brûlure à l'acide ». Nous n'avons trouvé aucune source médicale qui le justifie. La recommandation des médecins urgentistes (ACEP Now, mars 2026) est l'inverse : décontaminer au plus vite avec beaucoup d'eau et du savon, pour retirer le latex avant qu'il ne fasse plus de dégâts.
Dans les yeux, dans la bouche ou fruit avalé : appeler le 15
- Yeux: rincez longuement à l'eau claire, paupières ouvertes, sans frotter, puis appelez le 15 ou allez aux urgences. La plupart des atteintes guérissent sans séquelle avec un traitement ophtalmologique, mais des opacités de la cornée ont été décrites.
- Bouche ou fruit avalé: recrachez, rincez la bouche, ne faites pas vomir et ne donnez rien à boire sans avis médical, puis appelez le 15 ou le centre antipoison (01 40 05 48 48). Une surveillance de quelques heures à l'hôpital est fréquente, notamment pour le cœur.
Existe-t-il un antidote au mancenillier ?
Non. Il n'existe aucun antidoteconnu au latex du mancenillier, et aucun traitement standard n'est uniformément recommandé. Les médecins traitent les symptômes : lavage, soins des cloques, collyres et suivi ophtalmologique pour les yeux, surveillance pour une ingestion. D'où l'importance du premier geste, le lavage, et de la prévention.
Découvrir la flore et la faune de Martinique avec un guide naturaliste
Le moyen le plus sûr d'apprendre à repérer le mancenillier, les lianes à éviter et les bons endroits où marcher, c'est de sortir une fois avec quelqu'un qui connaît le terrain. Trois sorties le permettent : une balade forêt et plage à Sainte-Luce centrée sur la faune et la flore, la route de la Trace et le jardin de Balata côté forêt humide, et une éco-expédition naturaliste en mer dans le sanctuaire Agoa.

Départ : Sainte-Luce
Sainte-Luce : forêt tropicale, faune, flore et plage
Une sortie nature dans la forêt de Sainte-Luce à la découverte de la faune et de la flore, puis un moment de détente à la plage.
5,0 (1 avis)Durée : 5,5 h
Annulation gratuite
dès 119 €par personne
Voir les disponibilités
Départ : Fort-de-France
Jardin de Balata et forêt tropicale : jungle et colibris
Un tour privé de quatre heures et demie au départ de Fort-de-France, avec le jardin de Balata, ses colibris et la forêt des hauteurs, prise en charge comprise.
Durée : 4,5 h
Annulation gratuite
dès 159 €par personne
Voir les disponibilités
Départ : Trois-Îlets
Éco-expédition naturaliste dans le sanctuaire Agoa
Une sortie en mer encadrée par des naturalistes dans le sanctuaire Agoa, l'aire protégée des mammifères marins des Antilles françaises.
5,0 (12 avis)Durée : 4 h
Annulation gratuite
dès 70 €par personne
Voir les disponibilités
Prix de départ, notes et avis GetYourGuide relevés le 20 octobre 2026. Liens partenaires : une commission peut nous être reversée sur les réservations, sans surcoût pour vous.
Poil à gratter : la liane Mucuna qui pique en Martinique

Avant d'être une poudre de farce et attrape, le poil à gratter est une plante. Aux Antilles, le nom désigne des lianes du genre Mucuna, dont la plus connue est Mucuna pruriens (en anglais cowitch). Ce n'est donc pas un arbre, contrairement à ce que laisse croire la question qu'on se pose souvent. Les botanistes recensent cinq espèces de Mucuna en Martinique et en Guadeloupe, présentes dans toutes les Petites Antilles, et plusieurs ont des gousses irritantes.
Reconnaître le poil à gratter
Une liane grimpante qui s'accroche aux haies, aux clôtures et aux arbustes de lisière, avec des feuilles composées de trois folioles et des fleurs violettes en grappes pendantes. Le signe qui ne trompe pas : des gousses brunes, courbées, couvertes d'un duvet roux de poils très fins. Ce sont ces poils, qui se détachent au moindre frôlement, qui provoquent une démangeaison intense et des rougeurs. Ils contiennent une enzyme irritante, la mucunaïne.
Que faire après un contact avec le poil à gratter
Aucune source médicale ne donne de protocole précis pour ce cas. Les gestes de bon sens : ne pas frotter(on enfonce les poils), retirer les vêtements touchés, rincer longuement à l'eau fraîche, et ne pas porter les mains aux yeux. Si la réaction s'étend, touche les yeux ou s'accompagne de gonflement du visage ou de gêne respiratoire, consultez ou appelez le 15. Pour éviter le contact, restez sur les sentiers et portez des manches longues dans les fourrés en randonnée.
Oursins en Martinique : éviter la piqûre et retirer les épines

L'oursin diadème (Diadema antillarum), aux longues épines noires, vit sur les fonds rocheux et les récifs, souvent dans moins d'un mètre d'eau, à l'entrée des anses et autour des rochers. C'est la cause la plus banale de petite blessure en vacances : on pose le pied sur une roche, une épine casse dans la peau. L'espèce a subi une mortalité massive en 2022 en Martinique et joue un rôle clé dans la santé du récif : on ne la touche pas, on ne l'écrase pas.
Pour l'éviter: chaussons de plage dès que le fond est rocheux, mise à l'eau par le sable, et pas d'appui des mains sur les rochers en snorkeling.
Que faire après une piqûre d'oursin
- Retirez délicatement les épines visibles avec une pince : elles sont très fragiles et cassent facilement.
- Appliquez du vinaigre en compresse ou en bain, plusieurs fois par jour : il aide à dissoudre les petits fragments restés en surface.
- Un bain d'eau chaude (sans se brûler) soulage la douleur.
- Désinfectez, et vérifiez que votre vaccin contre le tétanos est à jour.
- Consultezsi une épine est profondément enfoncée, près d'une articulation, ou si la douleur dure plus de 5 à 7 jours : c'est le signe d'une épine restée en place ou d'une infection.
Méduses et physalies en Martinique : que faire en cas de piqûre

Méduses et physalies peuvent se rencontrer dans les eaux de la Martinique, surtout quand le vent les pousse vers la côte. Aucune donnée publique ne permet de dire qu'une saison ou une plage est plus touchée qu'une autre : fiez-vous aux affichages et aux drapeaux des plages surveillées.
La physaliese reconnaît à son flotteur bleuté à violacé, rempli d'air, qui dérive à la surface. Ses tentacules peuvent dépasser 20 mètreset sont peu visibles sous l'eau. Selon l'ANSES, sa piqûre cause une douleur immédiate et très intense, avec rougeur et œdème, et environ 15 % des personnes piquées ont des signes généraux. Un malaise dans l'eau expose à la noyade. Ne touchez jamais une physalie échouée: son venin reste actif hors de l'eau.
Les bons gestes après une piqûre de physalie ou de méduse (ANSES)
- Sortez de l'eau et allongez-vous à l'ombre si vous vous sentez mal.
- Rincez à l'eau de mer, chaude si possible. Jamais d'eau douce, qui fait éclater les cellules urticantes encore collées à la peau.
- Pour une physalie, l'ANSES recommande un rinçage avec un mélange d'eau de mer et de vinaigre blanc (1 volume de vinaigre pour 3 d'eau de mer), à défaut l'eau de mer seule.
- Retirez les filaments en recouvrant la zone de sable sec ou de mousse à raser, puis en raclant doucement avec un carton ou une carte bancaire. Ne frottez pas avec la main.
- Désinfectez ensuite.
- Malaise, gêne respiratoire, douleur thoracique : poste de secours ou 15 sans attendre.
Trigonocéphale : le seul serpent venimeux de Martinique

Le trigonocéphale (Bothrops lanceolatus), appelé aussi fer-de-lance, serpent, sèpan, bèt-long ou kravat, est endémique de la Martinique: il ne vit nulle part ailleurs. C'est le seul serpent venimeux de l'île. Selon l'affiche de la DEAL Martinique (octobre 2025), on compte une quarantaine de morsures par an, dont 15 à 25 envenimations selon le CHU, et aucun décès depuis 20 ans.
Où vit le trigonocéphale en Martinique ?
Son habitat, ce sont les forêts humides et les bords de rivières, avec une forte présence dans les massifs du nord (Pelée, pitons du Carbet). On lit parfois qu'il ne vit que dans le nord : c'est faux, il est présent dans une grande partie de l'île, y compris les zones agricoles, les friches et les lisières. Aucune zone n'en est garantie exempte.
Il n'attaque pas l'homme pour le chasser, contrairement à une idée reçue que la DEAL classe parmi les « intox ». Il mord quand il se sent menacé : quand on lui marche dessus, quand on pose la main près de lui, ou quand il est enroulé, le cou contracté. Les morsures touchent le plus souvent les jambes.
Éviter une morsure de serpent en randonnée
- Restez sur les sentiers balisés et marchez sans vous presser, en regardant où vous posez les pieds.
- Chaussures fermées et pantalon long dans les herbes hautes et en sous-bois.
- Ne glissez jamais la main sous une pierre, dans une souche ou une touffe d'herbe.
- Évitez de marcher de nuit hors des routes, sans lampe.
- Si vous en voyez un, reculez doucement et laissez-le partir.
Que faire en cas de morsure de trigonocéphale
- Appelez le 15 et suivez les consignes du médecin régulateur.
- Mettez la personne au repos, rassurez-la, immobilisez le membre mordu. Retirez bagues et montre.
- Pas de garrot, pas d'aspiration du venin, pas d'incision. La DEAL et l'AP-HP les rangent parmi les fausses bonnes idées. Ne donnez rien à boire.
Le traitement repose sur un antivenin spécifique, le Bothrofav, disponible au CHU de Martinique. Une étude du CHU publiée en 2024 dans la revue Toxins, sur 389 patients, montre son efficacité : avant ce traitement, les complications thrombotiques (AVC, infarctus) touchaient 25 à 30 % des personnes envenimées. Depuis 2011, la part d'AVC est tombée sous 1 % et aucun décès n'a été enregistré. Plus l'antivenin est donné tôt, mieux c'est : d'où l'appel immédiat au 15.
Scolopendre en Martinique : une morsure douloureuse mais rarement grave

La scolopendre(on dit aussi bête-mille-pattes) est un grand mille-pattes brun-orangé qui vit sous les pierres, le bois mort et les feuilles, en forêt humide comme dans les jardins, et se glisse parfois dans les maisons, les chaussures ou le linge laissé au sol. Elle n'a pas de dard : elle mord avec des crochets venimeux placés à l'avant du corps.
Selon le Manuel MSD, la morsure des grandes scolopendres est très douloureuse, avec gonflement et rougeur, mais les symptômes dépassent rarement 48 heures. Que faire : laver, appliquer de la glace enveloppée dans un linge, vérifier le vaccin antitétanique, et consulter si la douleur ne passe pas, si la zone s'infecte ou en cas de réaction générale (malaise, gonflement du visage). Pour l'éviter, secouez chaussures et vêtements avant de les enfiler et ne laissez pas traîner le linge par terre.
Plantes et animaux dangereux de Martinique : tableau des gestes à faire
| Danger | Où | Premier geste | Quand appeler le 15 |
|---|---|---|---|
| Mancenillier (peau) | Arrière des plages de sable | Laver à l'eau et au savon, tout de suite | Cloques étendues, visage |
| Mancenillier (yeux, fruit) | Arrière des plages, eau de pluie | Rincer les yeux, recracher le fruit | Toujours |
| Poil à gratter | Haies, lisières, sentiers | Ne pas frotter, rincer à l'eau | Yeux, gonflement, gêne respiratoire |
| Oursin | Fonds rocheux, récifs | Retirer les épines, vinaigre, eau chaude | Épine profonde, douleur au-delà de 5 à 7 jours (médecin) |
| Physalie, méduse | En mer, échouées sur le sable | Eau de mer (+ vinaigre pour la physalie), jamais d'eau douce | Malaise, gêne respiratoire |
| Trigonocéphale | Forêts humides, rivières, friches | Repos, immobiliser, ni garrot ni aspiration | Toujours, immédiatement |
| Scolopendre | Sous les pierres, maisons, chaussures | Laver, glace | Réaction générale |
Numéros d'urgence en Martinique : SAMU 15 et centre antipoison
- 15 (SAMU) : toute urgence médicale, morsure de serpent, malaise, atteinte des yeux, fruit de mancenillier avalé.
- 18 (pompiers) et 112(numéro d'urgence européen, valable depuis un portable étranger).
- 114 : urgences par SMS pour les personnes sourdes ou malentendantes.
- Centre antipoison : 01 40 05 48 48, 24 h/24 et 7 j/7. La Martinique n'a pas de centre antipoison sur place : c'est le centre antipoison de Paris (hôpital Fernand-Widal) qui répond pour les Antilles, comme l'indique l'ARS Martinique. Méfiez-vous des numéros en 0596 présentés comme « centre antipoison de Martinique » sur certains sites : aucune source officielle ne les confirme.
- SOS Médecins Martinique : 05 96 63 33 33. Pharmacie de garde : 3237.
Les urgences de l'île, l'hôpital Pierre-Zobda-Quitman du CHU à Fort-de-France et les autres services, sont détaillés dans notre page santé en Martinique. Pour les risques liés aux moustiques, voyez dengue et moustiques en Martinique, et avant de partir en forêt, notre guide des randonnées en Martinique. Côté baignade, le choix de la plage compte aussi : notre sélection des plus belles plages de Martinique signale celles où la mer est la plus calme.
Questions fréquentes sur le mancenillier et les dangers de Martinique
Le mancenillier est-il dangereux en Martinique ?
Oui. Toutes les parties de l'arbre contiennent un latex irritant : feuilles, fruit, écorce, bois. Un contact avec la peau provoque brûlure et cloques, un contact avec les yeux une kératoconjonctivite, et le fruit avalé brûle la bouche et le tube digestif. Il pousse en arrière de nombreuses plages de sable de l'île.
Comment reconnaître un mancenillier ?
C'est un arbre de bord de plage, de 5 à 10 mètres en général, à l'écorce gris clair assez lisse. Ses feuilles sont ovales, très luisantes, avec un long pétiole. Ses fruits ressemblent à de petites pommes vertes de 3 cm qui sentent bon. Sur les plages fréquentées, le tronc porte souvent un trait de peinture rouge, mais un arbre non marqué reste dangereux.
Existe-t-il un antidote au mancenillier ?
Non, il n'existe aucun antidote connu. Le traitement consiste à laver abondamment la peau à l'eau et au savon le plus vite possible, à rincer longuement les yeux s'ils sont touchés, puis à soigner les symptômes. En cas d'atteinte des yeux, de la bouche ou de fruit avalé, appelez le 15.
Que se passe-t-il si on mange le fruit du mancenillier ?
Le fruit est très âcre et provoque vite des douleurs et une irritation de la bouche et de la gorge, puis des douleurs abdominales et de la diarrhée. Une étude sur 97 cas suivis par les centres antipoison français entre 2009 et 2017 montre que la plupart des intoxications restent modérées, mais plusieurs fruits avalés peuvent causer des lésions sévères de la gorge ou des troubles cardiaques. Recrachez, ne faites pas vomir et appelez le 15.
Pourquoi ne faut-il pas s'abriter sous un mancenillier quand il pleut ?
L'eau de pluie qui ruisselle sur les feuilles et les branches se charge du latex toxique. Elle peut provoquer des cloques sur la peau et, si elle coule dans les yeux, une kératoconjonctivite douloureuse. Pour la même raison, on ne fait jamais la sieste sous un mancenillier.
Quel est le vrai nom du poil à gratter ?
Aux Antilles, le poil à gratter désigne une liane du genre Mucuna, dont la plus connue est Mucuna pruriens. Ce n'est pas un arbre : ses gousses sont couvertes de poils fins qui provoquent de fortes démangeaisons au moindre contact. La poudre de farce et attrape tire son nom de cette plante.
Y a-t-il des serpents dangereux en Martinique ?
Un seul serpent venimeux vit en Martinique : le trigonocéphale (Bothrops lanceolatus), aussi appelé fer-de-lance ou serpent. On le rencontre surtout dans les forêts humides et au bord des rivières, notamment dans les massifs du nord. La DEAL compte une quarantaine de morsures par an, aucun décès depuis 20 ans, et l'antivenin Bothrofav est disponible au CHU de Martinique.
Quel numéro appeler en cas d'intoxication en Martinique ?
Le 15 (SAMU) pour toute urgence : morsure de serpent, malaise, gêne respiratoire, atteinte des yeux ou fruit de mancenillier avalé. La Martinique n'a pas de centre antipoison sur place : c'est le centre antipoison de Paris qui répond pour les Antilles, 24 h/24, au 01 40 05 48 48.
Sources médicales et officielles
- DEAL Martinique, affiche « Le trigonocéphale », octobre 2025 : martinique.developpement-durable.gouv.fr
- « Bothrops lanceolatus Envenoming in Martinique », Toxins, 2024, 16(3):146 : PubMed Central
- Boucaud-Maitre D. et al., ingestions de fruits de mancenillier signalées aux centres antipoison français (2009-2017), Toxicon, 2019, 161:28-32 : PubMed
- Pitts et al., « Manchineel keratoconjunctivitis », British Journal of Ophthalmology, 1993, 77:284-288 : doi.org/10.1136/bjo.77.5.284
- ANSES, physalies, méduses et vives : anses.fr
- Manuel MSD, piqûres d'oursin et morsures de scolopendre : msdmanuals.com
- AP-HP, centre antipoison de Paris : aphp.fr
Cette page informe, elle ne remplace pas un avis médical. En cas de doute, appelez le 15.
